
La ville de Moka, au Yémen, a été créée au quatorzième siècle par le cheik Ali ibn Umar al-Shadili. Peu à peu le port se développe grâce à ses cultures de café et l’exportation de café au quinzième siècle.
Les premiers cultivateurs à grande échelle sont les moines soufis pour leur consommation personnelle ; ils en buvaient pour rester éveillés pendant les longues prières nocturnes. En 1538, l’empire ottoman prend le contrôle du Yémen, ils constatent que Moka et son café ont un gros potentiel commercial. À partir de là, le port de Moka se développe, les cultures deviennent grandes… Le véritable âge d’or débute au dix-septième siècle où Moka devient quasiment la capitale mondiale du café. En 1554 s’ouvrent les premiers cafés à Constantinople (Istanbul) puis à Venise en 1615 et à Paris. Pour préserver le secret de l’agriculture, les autorités yéménites ordonnent d’ébouillanter les grains de café pour éviter toute tentative de germination à l’étranger. Le nom de café Moka vient du fait que les Européens appellent le café qui vient de cette région par le nom de sa ville importante, et en plus Moka était la plaque tournante de l’exportation à cette époque.

Le déclin de Moka commence au dix-neuvième siècle quand l’espionnage paie (enfin) et que les Hollandais réussissent à sortir du Yémen avec un plant de café venant de Moka. Ils le font pousser en serre à Amsterdam et ensuite le rapportent à Java pour le planter, ça va marcher. Après cela la production mondiale explose, les prix chutent et la concurrence devient trop rude pour Moka qui perd de sa splendeur et peu à peu fut abandonnée. Dans les années 1840, Aden, port plus moderne au Sud-Est de Moka, reprit le transit du café vers l’Europe. Aujourd’hui c’est Djibouti. C’est à ce moment que Moka arrêta totalement d’exporter du café. Depuis, Moka est un port de pêche de 14 600 habitants qui vivent au rythme des conflits au Moyen-Orient.
Il existe une ville à l’île Maurice qui s’appelle aussi Moka, mais pas pour rien… En 1715, les Français prennent possession de l’île Maurice. En cette même année, des colons français rapportent des plants de café qu’ils vont d’abord planter à l’île de la Réunion (à l’époque elle s’appelait l’île Bourbon), ce qui va marcher et donner la variété de café Bourbon. En 1721, des plants de café sont apportés au gouverneur de l’île Maurice qui va les planter sur les hauts plateaux de l’île. Ce district va donc être appelé Moka. Aujourd’hui c’est une petite ville.
